POP MODÈLES - La masculinité dans la pop culture : les analyses

Comment la publicité s’y prend-elle pour rendre un objet viril ? Pourquoi, dans les fictions, ce sont toujours des hommes qui s’occupent du barbecue ? Comment les vieux héros hollywoodiens s’y prennent-ils pour rester au pouvoir ? Pourquoi, malgré leurs défauts, pardonne-t-on tout aux papas de dessin animé ? Dans ses clips, le rocker rêve-t-il vraiment d’un "autre monde" ? En quoi la figure du garçon arabe est-elle un fantasme occidental ? Ces questions, adressées à la pop culture, trouvent des pistes de réponse et de réflexion dans 6 analyses sur le site popmodeles.be.

Après avoir questionné ce que la culture populaire médiatique fait aux femmes et l’exploitation de l’exotisme au cinéma, Pop Modèles a posé le regard sur les figures médiatiques de la masculinité.

À travers 6 analyses critiques, inspirées d’une large sélection d’exemples, l’ambition est de révéler en quoi la domination masculine s’expose dans la culture pop et comment la place de l’homme dans la société y est représentée. Ces analyses permettent d’identifier les représentations et les stéréotypes problématiques, et de questionner en quoi ils influencent la manière dont l’homme se construit en regard des autres hommes et en regard des femmes.

Latitudes rock – L’image du rocker dans les clips vidéo
L’essence du rock : la résistance, la rébellion. C’est la voix des iconoclastes, révolutionnaires, réfractaires, anti-establishments, pourfendeurs de bourges et défenseurs des minorités. Sauf que le rock, c’est une histoire inventée et racontée par des hommes et une musique jouée par des mecs. Les meilleurs sont légitimés et canonisés par leurs pairs, leurs vinyles sont vendus par des types qui leur ressemblent comme deux joutes de pogo. Ils sont propulsés sur scène par des gars qui font la pluie et le beau tempo. De son côté, le clip vidéo se situe dans cette logique d’images intrinsèques au rock. Comment celles du rocker (masculin) y sont-elles formulées ?

La virilité sur le grill
Quoi de plus banal qu’un barbecue ? Solution de cuisine conviviale aux qualités gastronomiques variables, la cuisson sur grill est un classique des beaux jours et un sujet de marketing intense. Dans les grandes surfaces, des rayons spécifiques lui sont consacrés tandis qu’il fait la une des prospectus estivaux. Et au centre de cette mise en scène : l’homme. C’est à lui que semble adressé ce cortège de viande, d’ustensiles, de combustibles, de boissons et de sauces. Dans la culture médiatique et au cœur des festivités estivales, barbecue et masculinité semblent liés par un lien mystérieux.

Vieillir à l’écran : une apothéose sinon rien
Dans une industrie cinématographique très masculine, réalisateurs et producteurs confrontent souvent leurs acteurs vedette à un enjeu de taille : vieillir, voir s’approcher la date de péremption. Comment les personnages vieillissants ont-ils l’opportunité de sauver la face, et de maintenir leur image de dominants ? À travers ce que les héros de fiction tentent de préserver en vieillissant, se dessinent les contours de ce que la pop culture a érigé comme norme masculine. Alors, comment l’automne des hommes est-il représenté à l’écran ? Nourri d’orgueil et d’une détermination toujours vivace, il ressemblera au bouquet final d’un feu d’artifice ou ne sera pas.

Stupid dad, ou la validation de la défaillance masculine
Le papa de dessin animé prend souvent les traits d’une figure masculine tenaillée par ses obligations familiales : s’occuper des enfants, être « l’homme de la maison ». Dans ces histoires, l’homme est situé en opposition à l’image traditionnelle de réussite et de virilité. Obèses, chauves, ou losers finis, ces hommes deviennent des parodies du masculin. Leurs déboires dans l’éducation des enfants, ou la maladresse avec laquelle ils assument leur rôle de père, pimentent chaque épisode de gags absurdes. Mais la récurrence de ces pères stupides dans la fiction pousse à s’interroger : comment ces satires valident-elles socialement une représentation des pères défaillants ?

Des produits d’hommes, une masculinité à sens unique
La publicité ambitionne de se connecter à de potentiel·les client·es pour leur vendre un produit ou une marque. Son format court la pousse à exploiter les clichés pour capter les regards. Si la posture réductrice qu’elle offre aux femmes est de longue date mise en question, qu’en est-il de celle réservée aux hommes ? Comment le marketing publicitaire s’y prend-il pour formater des objets ou services destinés aux hommes ? La lecture critique de la publicité révèle une représentation monolithique des hommes. Malgré son récent virage antisexiste et sa tentative de redorer son blason, la pub nourrit et se nourrit du culte de la virilité, intimant aux hommes de la doper pour affirmer une certaine masculinité, et s’assurer de conquérir de nouveaux territoires.

Le garçon arabe, du fantasme des harems à la menace djihadiste
Un polygame « de fait », une racaille que l’on passerait bien au Kärcher, un musulman que l’on suspecte « anti-républicain » : à en juger les débats qui agitent nos voisins français et qui débordent souvent les frontières, il semblerait que le « garçon arabe » est l’homme dont il faut absolument se séparer. Nous interrogeant sur sa dimension caricaturale, nous avons voulu interroger la façon dont la masculinité « arabe » est représentée au cinéma et les relations que ces images entretiennent avec la réalité, en donnant un droit de réponse aux principaux concernés. Des hommes d’origine maghrébine, musulmans ou non, immigrés ou non, hétérosexuels ou non, se sont donc livrés à un exercice d’analyse filmique en notre compagnie.

L’intégralité de ces analyses est à découvrir sur le site

https://popmodeles.be/category/la-masculinite-dans-la-pop-culture/

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